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Regards filmés sur l’enfance par Maria Marshall
Rien ne laisse indifférent dans le travail de Maria Marshall. Ses vidéos mettent en scène des enfants, ses enfants, qui transgressent certains tabous comme l’action de fumer (When I grow up I want to be a cooker, 1998), qui sont mis dans des positions insoutenables (Don't let the T-Rex get the children, 1999) ou encore qui sont filmés en accéléré lors d’un voyage à Disney World (10000 Frames, 2004).
L’exposition de la Cosmic Galerie (Paris, jusqu’au 19 mai 2004) rassemble quatre œuvres de l’artiste. Trois vidéos et un parfum associé à un ensemble de photographies. Le rapport avec l’enfance y est évident vu que les enfants sont les protagonistes des scènes projetées.
L’enfance, donc, mais liée au regard de l’adulte, de la mère qui veille sur eux, s’inquiète, s’angoisse. Rien n’est rose chez Maria Marshall. Une impression de malaise transparaît dans les vidéos présentées.
Dans 10000 Frames, le fait que ce voyage à Disney World soit filmé en accéléré dénote une certaine ironie face à ce monde réputé enchanteur pour les bambins. Les six jours s’écoulent en six minutes. Instants fugaces. Dans Pinocchio, l’artiste tient un bébé sur ses genoux tout en racontant les difficultés d’être mère. Malaise. Le bébé est en fait une poupée et non pas un vrai enfant. Dans Cyclops, une projection de l’artiste en sous-vêtements fait face à une vidéo montrant un enfant debout, limite apeuré.
Plus que des questionnements sur l’enfance, Maria Marshall s’interroge sur la maternité, sur le monde social de l’enfant organisé par l’adulte. Les peurs de ce dernier sont projetées sur les jolis mômes.
Exposition collective Maria Marshall, Sarah Emerson et Vidya Gastaldon
Cosmic Galerie
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h.
Jusqu’au 19 mai 2004
76, rue de Turenne
75003 Paris
Illustrations : Courtesy Cosmic Galerie, Paris
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